Génération Z

Génération Z : une jeunesse pressée comme un citron

On les appelle « la Gen Z ». Ils ont entre 15 et 25 ans, et au lieu de reconnaître leur énergie, leur créativité ou leur lucidité, on préfère les enfermer dans des clichés : « fainéants », « accros aux écrans », « incapables de réfléchir ». Un discours pratique pour les adultes, surtout pour éviter de voir la vérité : cette génération est en train de s’épuiser sous nos yeux. Pour comprendre ce qu’ils vivent, plongeons dans la journée type d’Élodie, 16 ans.

Une journée dans la peau d’un jeune

7h02. Le réveil sonne. Élodie attrape son téléphone avant même de poser un pied par terre. Pas pour scroller TikTok, mais pour vérifier les messages de profs et de camarades : un DM rappelle le contrôle de maths à 10h. « J’ai dormi quatre heures », souffle-t-elle en enfilant son jean. « Hier j’ai révisé jusqu’à 1h30. » 8h15. Dans le bus, elle révise encore. Ses yeux brûlent. À côté, une copine lui demande si elle a fait l’exercice de physique. Elle hoche la tête sans un mot. « Si tu décroches, t’es foutue », dit-elle. 10h07. Salle de classe, contrôle de maths. Quinze pages, deux heures. Les élèves écrivent sans lever la tête. Certains griffonnent, d’autres mordillent leur crayon. Personne ne sourit. 13h25. Pause déjeuner : vingt minutes. Sandwich avalé debout, déjà plongée dans ses fiches. 15h40. Nouveau cours. L’enseignant distribue un devoir maison pour la semaine suivante. Soupirs dans la classe. Élodie fait un calcul rapide : trois contrôles, deux exposés… « Je ne sais pas quand je vais pouvoir dormir », murmure-t-elle. 18h12. Retour à la maison. Elle s’affale sur son lit. Le travail commence à peine. Trois heures de devoirs, puis encore des révisions. Sa mère passe : « Tu devrais dormir un peu. » Élodie répond, fatiguée : « Je peux pas, sinon je serai larguée. » 00h27. Lumière éteinte, téléphone allumé. Élodie scrolle pour calmer son cerveau. « C’est la seule façon que j’ai de me vider la tête », dit-elle. Elle s’endort enfin à 1h30. Et le lendemain, tout recommence.

 

Témoignages d’une jeunesse à bout de souffle

Cassandre, 16 ans, première générale :

« Je rentre du lycée à 18h. Je fais mes devoirs jusqu’à minuit, parfois plus. Après, je n’arrive pas à dormir parce que je stresse pour le lendemain. »
Enora, 14 ans, en troisième :
 
« J’ai fait un burn-out l’an dernier. Je me levais, je pleurais, j’avais l’impression que rien n’avait de sens. Mais quand tu dis ça aux adultes, ils te répondent que tu exagères. »
Marine, 19 ans, étudiante en sociologie :

« On nous a dit que notre avenir était tracé. Mais l’école ne prépare pas à ce qui nous attend : précarité, climat, instabilité. Alors on doit inventer nos propres repères, et ça, ça épuise. »
Mathys, 17 ans :
« On nous dit qu’on a la belle vie. Mais on nous vole nos nuits, nos années d’insouciance. On nous presse comme des citrons, et après on s’étonne qu’on soit fatigués. »

Une génération qui refuse de disparaître
Oui
, la Gen Z est pressée comme un citron. Mais elle ne demande pas la lune. Elle demande juste le droit de respirer, de vivre ses années d’insouciance, de ne pas s’éteindre sous le poids des attentes.

Ils continuent. Ils tiennent. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Mais à quel prix ?

 Article par LARN, 04/10/2025 

 

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